Protection hivernale

La protection hivernale a pour but principal de protéger les plantes qui ne résistent pas aux froids rigoureux de l’hiver ou qui y sont sensibles, ainsi que celles qui risquent d’être détériorées sous le poids de la neige ou du verglas. Il faut noter que la plupart des plantes n’ont pas besoin de protection hivernale. Cependant, certains hivers sont imprévisibles et peuvent causer des dommages à la structure des plantes, voire des pertes.

Les besoins de protection hivernale sont différents d’une région à l’autre et même d’un jardin à l’autre. Par exemple, dans certaines régions, une bonne couverture de neige est permanente durant l’hiver, alors que, dans d’autres régions, la pérennité de cette enveloppe est moins fiable, disparaissant complètement à quelques reprises lors des grands froids d’hiver. Perdant cette précieuse isolation, certaines plantes deviennent alors vulnérables aux froids mordants de l’hiver.

Une plante affrontant les vents dominants de l’hiver dans une cour est plus vulnérable qu’une plante située à proximité sur un site abrité des vents. Les rosiers, les arbustes et les arbres qui sont à limite de leur rusticité ou qui sont situés dans un endroit très venté requièrent une protection hivernale, surtout les premières années.

Le meilleur juge des besoins de protection hivernale des plantes d’un jardin est son propriétaire qui adaptera celle-ci selon la région, le climat et surtout l’expérience acquise.

Comment déterminer nos besoins pour la protection hivernale?

Pour assurer une protection hivernale adéquate et pertinente de votre jardin, les lignes directrices suivantes peuvent vous guider pour contrer les effets néfastes du froid, de la neige, du verglas et des rongeurs :

1- Identifiez les besoins de protection hivernale en vous posant les questions suivantes :

  • Est-ce que je cultive des végétaux à la limite de leur rusticité?
  • La couverture de neige demeure-t-elle au sol durant tout l’hiver ou fond-elle complètement à quelques reprises?
  • Certains végétaux sont-ils susceptibles d’être endommagés durant l’hiver par les chutes de neige ou le verglas?
  • Les opérations de déneigement risquent-elles de briser la structure des arbustes, des conifères ou des arbres situés près de la rue, de mes passages piétonniers ou de mon entrée d’auto?
  • Certains arbustes, conifères ou petits arbres sont-ils susceptibles d’être abîmés lors du déblaiement de la couverture de la maison?
  • Certaines plantes sont-elles très ventées durant l’hiver?

2- Choisissez la protection hivernale qui convient à la culture et à la forme de la plante protégée. Voici quelques moyens qui peuvent être utilisés :

  • Paillis de compost : les nouvelles plantations de plantes vivaces et celles qui sont gélives peuvent être protégées par un paillis de compost (p. ex., Eremurus). Ce geste est inutile la plupart du temps, mais il n’est pas perdu, car il assure du même coup la fertilisation annuelle du sol.
  • Sapinage : des branches de conifères facilitent l’amoncellement de la neige protectrice, surtout aux endroits très ventés. Elles protègent aussi les plantes qui n’aiment pas l’humidité hivernale de la pluie verglaçante.
  • Toile de protection : on peut former une tente avec une toile de protection comme une toile géotextile pour les végétaux à rusticité douteuse. Lorsque la plante ligneuse protégée n’arbore pas un feuillage persistant, on peut mettre la toile en contact avec les branches. L’installation de piquets pour soutenir la toile permet de créer un abri fonctionnel pour un ou plusieurs spécimens.
  • Toile de protection doublée de plastique : il s’agit de la meilleure protection pour les arbustes, les arbres et les conifères exposés aux grands vents.
  • Ligotage : il s’agit d’utiliser un matériel comme de la corde naturelle pour lier les branches d’arbustes, de petits arbres ou de conifères aux tiges fragiles qui risquent d’être écrasées par la neige ou le verglas.
  • Filet de protection : on l’utilise pour recouvrir un conifère ou un arbre colonnaire. Cette protection, n’étant pas très apparente, ne «momifie» pas trop notre jardin. Elle est fort utile pour prévenir l’ouverture et le déchirement de la structure des conifères et des arbres aux branches ascendantes.
  • Clôture à neige en bois : il s’agit d’un moyen de protection très efficace pour les végétaux qui risquent d’être l’objet de chute massive de neige. On peut aussi s’en servir pour supporter les toiles de protection.
  • Cône de polystyrène souvent appelé cône à rosier : il peut être utilisé pour recouvrir les rosiers les plus fragiles. Il faut toujours acheter des cônes qui possèdent des trous pour permettre une bonne circulation d’air à l’intérieur du cône.
  • Buttage : cette méthode consistant à former une butte de terre ou de compost de 30 cm (1 pi) de hauteur au pied d’une plante ligneuse est idéale pour les rosiers. Il ne faut pas remonter le sol à proximité de la plante, car cela rendrait ses racines vulnérables pour habiller son pied, ce qui est illogique. Certains jardiniers font un buttage de feuilles mortes ou de paille.
  • Enfouissement : il s’agit d’une méthode très efficace, mais laborieuse qui consiste à creuser une fosse afin d’y enfouir une plante ligneuse fragile comme un rosier hybride de thé.

3- N’installez pas vos protections hivernales trop tôt. Il faut attendre que le sol ait gelé. Le temps idéal est souvent vers la mi-novembre, parfois plus tard dans les régions plus chaudes du Québec, alors que la température nocturne se tient aux alentours de -5 ºC. Dans le cas des rosiers de type hybride de thé et floribunda, on peut attendre d’atteindre des températures de -10 ºC. Il est aussi préférable que les végétaux aient perdu leurs feuilles.

4- Étendez une bonne couche de terre ou de compost au pied des plantes vivaces frileuses et des plantations tardives durant l’automne.

5- Buttez le pied des rosiers buissons non rustiques avec de la terre ou du compost.

6- Assurez-vous que les végétaux respirent bien sous les protections hivernales en évitant que cette protection ne soit trop serrée sur la plante à protéger. Un emballage bien aéré, tenu par des tuteurs, évite des réchauffements de la température lors des périodes ensoleillées. Plusieurs jardiniers laissent une ouverture au bas de la tente et à son sommet pour éviter ce problème.

7- Protégez avec une toile protectrice les arbustes, les conifères et les arbres plantés tardivement pour les aider à passer leur premier hiver.

8- Décrochez les tiges des rosiers grimpants qui manquent de rusticité et fixez-les au sol avec des pierres.

9- Après la chute des feuilles, ligotez les branches des arbustes à feuilles caduques avec de la ficelle.

10- Protégez les conifères et les arbres étroitement colonnaires aux branches dressées et réunies. Il suffit alors de placer un filet de protection pour empêcher les branches de plier sous le poids de la neige ou du verglas. Une fois courbées, il arrive souvent que ces branches ne reviennent pas se serrer sur le tronc ce qui brise leur port étroit et défigure leur apparence générale. Les autres conifères n’ont habituellement pas besoin de protection.

11- Protégez les arbustes, les arbres et les conifères placés près du surplomb du toit ainsi qu’en bordure de la route ou de l’allée d’auto où l’on pousse la neige en hiver.

12- Posez une protection sur le bas du tronc des arbres de petit diamètre pour éviter l’annelage (retirement de l’écorce et du cambium autour du tronc d’un arbre empêchant la circulation des produits de la photosynthèse vers les racines) causé par les rongeurs en utilisant une spirale blanche perforée ou un tuyau de drainage coupé sur la longueur.

13- Signalez la présence d’arbustes près des entrées pour les piétons et les autos avec un tuteur pour que l’entrepreneur en déneigement ou vous-même ne les oubliiez pas lors du passage de la souffleuse.

14- Enlevez les protections tôt au printemps, au dégel du sol, lors d’une journée nuageuse, lorsque le risque de gels sévères est passé. Comme le printemps est imprévisible, il faut toujours garder un œil sur la météo.