Le choix des végétaux et l’aménagement d’une plate-bande

Les bonnes pratiques lors de la plantation assureront une belle croissance des végétaux. Suivez nos conseils horticoles pour mieux réussir vos plates-bandes.

 

Le début de l’aménagement d’une plate-bande

On commence tranquillement à meubler notre massif en gardant à l’idée que ce sont des essais qui peuvent réussir ou être désolants. Il faut garder à l’idée que ce n’est pas grave si on fait des erreurs. On ajuste avec le temps.

 

La disposition des plantes

Généralement, on place les plantes de haute taille en arrière-plan et les plus petites en bordure. Si la plate-bande est vue de tous les côtés, on place les plus grandes au centre du massif floral et les autres en périphérie, des plus hautes vers les plus basses, jusqu’aux bordures.

 

La planification de la plantation

On commence à placer les plantes que nous avons choisies pour notre aménagement sur papier. Un dessin à main levée suffit. Certaines personnes préfèrent consulter des experts qui établissent le plan de plantation.

 

La préparation avant la plantation

Dans la plate-bande, on doit placer les plantes dans leur pot aux endroits indiqués sur notre plan. Nous validons de visu si l’agencement de nos plantes correspond à notre planification. On ajuste si nécessaire ou si désiré pour un meilleur effet.

 

L’agencement des plantes

Sur le plan, nous les avions regroupées selon leur hauteur, leur forme, la texture et la couleur de leur feuillage et de leur floraison. On a tenté d’obtenir à travers notre planification une période de floraison du printemps jusqu’à l’automne pour avoir une plate-bande attrayante durant toute la belle saison. Bien entendu, on a aussi respecté le développement potentiel et le format à maturité de chacune des plantes de notre composition afin de prévoir de l’aération entre les plants et ainsi éviter de futurs déplacements.

Les arbustes et les petits conifères servent d’éléments structuraux tout comme les graminées, les plantes vivaces ou annuelles de haute taille. À cet effet, nous avons opté pour la calamagrostide ’Karl Foerster’ (Calamagrostis acutiflora ’Karl Foerster’). Les plantes annuelles et les plantes vivaces de petite et de moyenne taille mettent en valeur ces éléments qui donnent du rythme et du dynamisme à notre platebande. À cet égard, nous avons retenu la marguerite Daisy May® (Leucanthemum Daisy May®) pour sa longue floraison blanchâtre. L’if cuspidé ’Bright Gold’ (Taxus cuspidata ’Bright Gold’) a été choisi pour son jaune lumineux, qui donnera de la lumière à la partie de la platebande ombragée.

On dispose les végétaux d’une même espèce ou les cultivars similaires en nombre impair.

 

Utilisation de plantes non envahissantes

Certaines plantes sont très séduisantes à première vue parce qu’elles peuvent constituer rapidement une belle colonie colorée. Employées à bon escient, ces plantes colonisatrices peuvent devenir de précieuses alliées pour garnir un coin délaissé où rien ne semble pousser ou décorer les rives d’une chute d’eau. Mais attention il faut se méfier de l’ardeur de certaines dans une plate-bande. Elles peuvent devenir des mercenaires redoutables, même pour les jardiniers chevronnés. Il y a d’ailleurs, des plantes qui ne devraient jamais être introduites dans les jardins, car elles deviennent rapidement envahissantes et hors de contrôle.

En voici quelques-unes :

  • L’herbe aux goutteux panachée (Aegopodium podagraria ‘Variegatum’)
  • L’houttuynie à feuilles en cœur ‘Chameleon’ (Houttuynia cordata ‘Chameleon’)
  • Le lamier jaune panaché ou ortie jaune panachée (Lamium galeobdolon ‘Variegatum’ Syn. Lamiastrum galeobdolon ‘Variegatum’)
  • La lysimaque à fleurs de clèthre (Lysimachia clethroides)
  • La lysimaque nummulaire dorée ou l’herbe aux écus dorée (Lysimachia nummularia ‘Aurea’)
  • Le phalaris roseau panaché ou ruban de bergère (Phalaris arundinacea ‘Picta’)

 

La plantation

La fosse de plantation doit permettre la mise en place facile de la motte de terre ou des racines de la plante qu’on veut établir. L’ameublissement de la terre autour de la motte et des racines permet au système racinaire de se développer adéquatement.

On sort la plante de son contenant en tirant sur la plante par sa base. Il faut déchiqueter les parois du pot si plusieurs racines sortent par le trou de drainage (ce qui n’est pas souhaitable) ou si le pot adhère trop fortement à la motte. On peut presser ou rouler le contenant pour extirper plus facilement la plante.

On arrose la motte de terre avant la plantation, surtout si celle-ci semble sèche. On ne devrait pas planter la motte de terre plus profondément que la partie supérieure cultivée en contenant à moins de constater des problèmes de culture comme des racines superficielles déterrées.

Des bons gestes :

  • Procéder à la plantation lors de conditions nuageuses ;
  • Éviter une plantation lors d’une période de grosse chaleur ;
  • Éviter de planter en période de gel ;
  • Arroser le fond de la fosse de plantation ;
  • Utiliser un bâton, si nécessaire, pour placer la motte de terre au niveau du sol ;
  • Former une cuvette à la surface du sol autour de la plante, surtout pour un arbre ou un conifère, afin qu’un volume d’eau de pluie ou d’arrosage suffisant demeure près des racines.

 

Ajout de mycorhizes

Nous sommes de plus en plus certains que les plantes (environ 95 %) ont besoin de s’associer à des champignons pour survivre et croître. Ces derniers sont capables d’aller chercher des éléments nutritifs que les racines de notre plante ne pourraient assimiler (en sol pauvre par exemple). Les recherches actuelles montrent que les plantes «mycorhizées» acquièrent une meilleure résistance à des facteurs de stress comme le lessivage des éléments nutritifs par les pluies, une sécheresse prolongée, l’attaque de maladie, etc.

 

Paillage

Dans la nature la terre n’est jamais nue. Il faut donc la couvrir d’un bon compost, par exemple, pour que la terre soit recouverte comme en forêt.

Le paillis empêche dans une large mesure la germination et la pousse des mauvaises herbes, protège le système racinaire des écarts de température et réduit l’évapotranspiration lors des grandes chaleurs. Ce manteau végétal peut être constitué de :

  • Aiguilles de pin : idéal sous les plantes acidophiles comme les rhododendrons.
  • Compost : les plantes en raffolent, couleur noire mettant en valeur la verdure des plantes, décomposition rapide.
  • Compost forestier : on doit appliquer des engrais naturels forts en azote à dégradation lente pour compenser pour l’azote que le compost forestier soutire aux plantes avant de se décomposer.
  • Écales de cacao ou de sarrasin : volatile à l’application, besoin d’arrosage, décomposition rapide, belle couleur.
  • Écorces de conifères : allure naturelle, fort utile autour des arbres pour faciliter le désherbage, attention il ralentit la croissance des plantes avant de se décomposer.
  • Feuilles : pour un jardin naturel comme un sous-bois ou un coin ombragé (attention car les limaces aiment se cacher dessous).
Conclusion

Les bons soins apportés lors de la plantation donneront un bon départ à nos plantes et à notre platebande.